Interview de Grégory Pairin — Ocarat.com

Hello Julien, merci à toi de me recevoir sur ton blog. Initialement, c’est moi qui voulais faire une interview de toi mais tu as été plus rapide. Je me plie volontiers au jeu de tes questions 😛

Cela fait maintenant plus de 11 ans que tu as co-fondé l’eshop Ocarat.com qui connait un succès incroyable. Peux-tu nous en parler ?

Bien sûr !

Interview de Grégory Pairin — Ocarat.comEn 2010, nous avons eu l’ambition de créer en ligne l’équivalent de la bijouterie familiale traditionnelle, celle que l’on trouvait encore dans nos centres-villes il y a 20 ans. Celles qui disparaissent petit à petit à cause du vieillissement du métier et de l’arrivée des chaines présentent dans les supermarchés ou centre commerciaux.

Notre idée : proposer en ligne le plus grand catalogue de montre et de bijoux, à des prix accessibles et avec un niveau de service inégalé.
 Pour parler « réussite », nous sommes fiers d’accompagner des centaines de milliers de clients pour des baptêmes, mariages, naissances, pour des anniversaires, pour les cadeaux de Noël… enfin, avoir une attention pour chaque membre de la famille et pour toutes les occasions.

Aujourd’hui, Ocarat c’est LA première bijouterie indépendante du web. Je dis « indépendante » parce que nos challengeurs sont d’énormes groupes de retailleurs avec des centaines de boutiques et qui pèsent plusieurs centaines de millions, voire milliards, d’euros. Ça ressemble un peu à David et Goliath mon histoire mais c’est très stimulant car il faut être plus smart et plus rapide que ces grands groupes 😉

Tu gères le SEO interne pour ce site je crois, quelles sont tes missions principales au sein d’Ocarat ?

Chez Ocarat, chaque associé a un rôle très opérationnel. Le mien, c’est la direction du marketing et du développement.

Je parle souvent de référencement naturel car c’est un sujet qui me passionne beaucoup. Puis ayant une stratégie de croissance avec un fort ADN ROIste, le SEO s’impose comme levier historique chez Ocarat. D’ailleurs, il a longtemps été notre plus gros levier d’acquisition. 
Comme tu l’as souligné dans ta question, l’intégralité de la stratégie et de la gestion du référencement est gérée en interne, que ce soit les aspects On-site ou Off-site.

Aujourd’hui et pour pérenniser le business, il ne représente plus qu’un très gros tiers parmi mes leviers d’acquisition. Je le complète avec une forte présence sur Adwords. Le CPC me permet d’avoir des résultats rapidement là où le SEO prend plus de temps. C’est notamment très utile lors d’un lancement de gamme ou de nouveaux modèles.

L’ads me permet surtout d’être présent dans les premiers résultats de recherche lorsque je suis en échec de positionnement (et ça arrive). Enfin, lors de fortes périodes d’activité (soldes, noël, etc.) la partie Shopping d’Adwords est parfaite pour répondre aux intentions de recherche transactionnelle avec l’affichage de la miniature, du prix, de la note et promo, etc. Bref, un levier très complémentaire au SEO.

Le troisième (petit) tiers concerne tout ce qui touche à la notoriété : les campagnes d’influences qu’elles soient naturelles ou sponsorisées, la création de partenariat avec d’autres e-commerçants ou même avec des marques.

Bien sûr, mes missions ne se limitent pas à la partie acquisition. J’ai une vision et des actions beaucoup plus globales sur tout le funnel et donc tout ce qui touche à la conversion, la fidélisation et plus généralement au branding de l’E-shop.

Tu t’es formé au CNAM mais sinon comment as-tu pu acquérir toutes ces compétences nécessaires à la réussite d’un tel projet ?

Je sens que tu as regardé mon profil LinkedIn toi 😉

Quelles soient au CNAM ou autre, ce n’est pas tant les études qui m’ont permis d’en arriver là mais plutôt l’expérience. Si je résume le fond de ma pensée, je vois mon expérience à deux niveaux :

  • l’expérience personnelle : celle que j’ai développé par plaisir et par curiosité
  • l’expérience professionnelle : toutes les compétences que j’ai dû acquérir pour la bonne exécution de mon travail.

J’ai toujours été curieux de tout ce qui touche au monde de l’Internet. J’ai fait mon premier site sous FrontPage pour lister mes copies de DVD, j’ai lancé mon premier forum sous InvisionBoard, premier site communautaire sous Xoops, puis Dotclear et enfin WordPress dès leurs sorties.
 A cette touche « geek » j’ai ajouté ma première notion d’entreprenariat. J’ai monté ma première boite d’hébergement web à 17 ans.

Je suis un peu moins sorti que les copains de mon âge, moins joué au foot et moins dragué de filles aussi. J’aimais bien surfer, découvrir de nouvelle choses, techniques, outils et supports.

Puis j’ai fait la quasi-totalité de mes études en alternance en travaillant chez des pure-players de l’E-commerce. Mine de rien, tu apprends beaucoup sur la réalité du terrain avec ce mode d’apprentissage.

Le dernier point qui me permet encore aujourd’hui de gagner en expérience et en compétences, c’est ma « méfiance ». De base, je ne crois pas tout ce qu’on me dit.

Ou plutôt, j’aime bien vérifier ce qu’on me dit. Tu prends le SEO par exemple. On me dit, il faut Obfusquer. Ah bon ? OK, comment on fait et surtout comment je vérifie si cela marche bien ou non. Là où certains appliquent bêtement une recommandation, moi je veux comprendre, tester et surtout « mesurer ».

Si on regarde ton parcours professionnel, tu étais déjà responsable webmarketing chez Grosbill il y a 20 ans. On peut dire en 20 ans que tu as vu le métier évoluer, as-tu une analyse ou un sentiment sur le sujet à nous partager ?

Ce n’est pas la plus facile des questions celle-là et clairement je pourrais rédiger un livre sur le sujet.


En 20 ans, j’ai connu beaucoup d’évolutions, surtout au niveau des usages. Sur les sources de trafics, avec la prise de monopole du moteur de recherche Google et de tout son écosystème.

L’arrivée du surf sur mobile très largement démocratisé par Apple et ses iPhones.

J’ai vécu le début des réseaux sociaux : Myspace, Facebook surtout, Instagram, etc. Et enfin, le content marketing, qui est devenu le point central de quasi toute bonne stratégie marketing.

Pour le reste, mon métier reste fondamentalement le même. Identifier la bonne cible, trouver les meilleurs supports pour lui adresser un message qu’il lira, faciliter sa conversion avec un site adapté (UX/UI) à ses besoins et enfin, faciliter son réachat et sa fidélité.

Il faut juste s’adapter rapidement aux tendances et ne pas rester à la traîne sous peine d’être distancé par ses concurrents.

J’ai vu le web se transformer pour le mieux mais je vois aussi beaucoup de contraintes arriver depuis 2 ans.

Notamment… le RGPD et l’obligation de la mise en place d’une CMP qui fait perdre entre 20% et 30% de tracking et donc de « data » pour mesurer l’impact de mes choix marketing. Ce n’est que le début puisque le cookie tiers risque fort de disparaître. Il y aura des solutions et évolutions c’est certain mais d’habitude nous les avons avant les contraintes 😛

Tu as connu certains projets plus compliqués qui t’ont permis d’acquérir l’expérience qui fait ta réussite avec Ocarat aujourd’hui ?

Franchement, chaque expérience antérieure m’a apporté un élément de réussite pour Ocarat.

Chez Grosbill j’ai pu découvrir le webmarketing, m’initier au référencement organique et apprendre tous les métiers qui composent le e-commerce.

Ma boite de conseil m’a permis de m’initier à la relation avec les influenceurs et les journalistes. Elle m’a permis de développer un réflexe de mesure et de reporting.

Chez BernardTapis.com j’ai pu découvrir la gestion de gros budgets et tout ce qui touche à la notoriété.

Enfin, chez Bazarchic, j’ai renforcé ma connaissance de la génération de lead, de l’emailing et du management, le tout avec un sens aigu de la rentabilité.

Aux expériences passées, tu ajoutes tout ce que j’ai découvert seul, par curiosité et j’avais de bonnes armes pour lancer Ocarat.com.
 Est-ce que j’avais « tout » ce qu’il fallait ? Non. Même en maîtrisant 100% mon sujet, le E-Commerce, j’ai dû faire face à de nombreuses contraintes liées aux secteurs, à sa distribution et à ses restrictions. Du coup, j’ai aussi beaucoup appris en lançant Ocarat et je continue d’apprendre.

Comment vois-tu l’avenir d’Ocarat ?

Je le vois fleurissant forcément 😛

A thématique iso, il nous reste encore beaucoup de choses à faire. La stratégie de contenu est à développer par exemple.

La vidéo prend de plus en plus d’importance sur le web, il faut donc mettre les moyens et nous imposer sur ce support où nous sommes aujourd’hui absents. 
Puis, je dois développer la notoriété de l’enseigne.

Pendant 10 ans, nous n’avons fait que de répondre aux recherches des clients.

Aujourd’hui, Ocarat a le potentiel et la maturité pour travailler sa notoriété, son discours de marque et imposer son image.

Puis, nous testons petit à petit d’autres secteurs. Nous avons ajouté des articles de maroquineries par exemple. Mais tu es déjà au courant puisque je suis devenu ton fournisseur officiel ! 
Là encore, nous fonctionnons en mode « test and learn ». Si l’expérience est bonne, nous développerons le catalogue, jusqu’à devenir la référence sur le secteur.

L’une des pistes serait peut-être de quitter l’image de bijoutier et de prendre petit à petit le chemin d’un accessoiriste tendance. A suivre !

Et toi, tu as envie de faire quoi ? Nouveau projet, nouvelle vie, nouvelles compétences à développer ?

À la vue de l’actualité, il faut que je me forme rapidement sur un autre outil d’analyse de trafic que celui de Google 😛

Plus sérieusement, je fais de plus en plus de conseil. Je peux ainsi me confronter à d’autres problématiques que celles rencontrées chez Ocarat.

Cela me pousse à sortir de ma zone de confort, tester de nouvelles choses, être malin, etc. J’ai la chance de choisir les clients avec qui j’ai envie de collaborer, du coup c’est un réel plaisir pour moi de faire du consulting.

Un jour, si je gagne au Loto ou si je revends Ocarat, j’aimerais monter un incubateur ou plutôt un label de business en ligne.

Je pourrais transmettre ce que j’ai appris en 20 ans de marketing et d’E-commerce pour aider des jeunes à monter leur société, à trouver leur modèle économique, les aider à peaufiner leurs produits ou en trouver d’autres, le tout avec une approche pédagogique, ROiste (toujours) et sans être invasif coté « capitalistique ».

Nouvelle vie ? Jamais, je façonne la mienne pour en tirer le plus de plaisir possible. Est-ce que j’y arrive ? Pas toujours, mais je suis un éternel insatisfait 😉

Où retrouver Greg ?

Vous pouvez le retrouver sur son Linkedin ou sur Twitter. Et visitez aussi Ocarat.com ou Page1.fr !

2 commentaires

  • Merci pour le partage et le retour : on sent la passion.
    C’est vrai qu’il s’en est passé des choses depuis Grosbill (ça faisait bien longtemps que je n’avais lu ce mot !!).
    Garder l’envie d’apprendre, explorer y’a pas mieux pour son métier (≠ du boulot).

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